Deux paquebots à 3,5 milliards : le méga-contrat signé à Saint-Nazaire qui place la France sur la carte mondiale des géants des mers
Une commande exceptionnelle redonne souffle et visibilité à une industrie en quête de stabilité durable et de perspectives claires.
Deux géants des mers supplémentaires s’ajoutent au carnet de commandes déjà bien rempli du chantier naval de Saint-Nazaire. Le 12 novembre 2025, l’armateur suisse MSC Croisières a officialisé une nouvelle commande de deux paquebots de la série World Class pour un montant de 3,5 milliards d’euros, un contrat qui consolide l’activité des Chantiers de l’Atlantique et conforte la filière française.
Un contrat historique pour les Chantiers de l’Atlantique
La nouvelle commande porte sur deux navires de croisière géants dont la construction doit démarrer en 2029, pour des livraisons prévues en 2031 et 2032 selon le communiqué commun de l’armateur et du chantier naval. Ce calendrier offre plusieurs années de visibilité industrielle aux Chantiers de l’Atlantique, avec un volume d’investissements de 3,5 milliards d’euros concentré sur le site de Saint-Nazaire.
Ce méga-contrat ne vient pas seul. En mai 2025, MSC Croisières avait déjà signé pour deux autres paquebots de la même série World Class, pour un montant équivalent de 3,5 milliards d’euros, en marge du sommet Choose France. Au total, la valeur des navires commandés en 2025 à l’armateur genevois atteint ainsi près de 7 milliards d’euros, entièrement confiés au chantier français.
Ces quatre nouvelles unités rejoindront les quatre premiers paquebots de la série World Class : le MSC World Europa et le MSC World America, déjà en service, ainsi que le MSC World Asia et le MSC Atlantic, attendus respectivement en 2026 et 2027. Chacun de ces navires affiche une capacité de plus de 6 700 passagers, confirmant la place de Saint-Nazaire parmi les rares sites capables d’assembler de tels géants des mers.
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Les Chantiers de l’Atlantique au cœur d’une stratégie mondiale
Au-delà du chiffre spectaculaire, cette série d’achats s’inscrit dans une relation de long terme entre MSC Croisières et les Chantiers de l’Atlantique. D’après le communiqué, avec six navires déjà en construction ou sur le point d’entrer en chantier, le montant total des investissements directs engagés par le groupe en France atteint désormais 10,5 milliards d’euros, un niveau rarement atteint dans la construction navale de croisière.
Pour l’armateur, consolider ses commandes sur un même site permet de standardiser la série World Class, d’optimiser les coûts de conception et de production, tout en sécurisant les délais de livraison. La concentration de cette flotte sur un chantier unique facilite aussi la maintenance future et les éventuelles modernisations, dans un secteur où la taille des navires et les attentes des passagers ne cessent d’augmenter.
Pour le constructeur, cette visibilité pluriannuelle constitue un levier stratégique. Elle permet de planifier les recrutements, d’investir dans les outillages lourds et de stabiliser le tissu de sous-traitants autour de Saint-Nazaire. Elle conforte enfin le savoir-faire français sur le segment très spécifique des paquebots géants, où seuls quelques chantiers européens se partagent le marché mondial.
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Un carnet de commandes qui sécurise l’industrie navale française
Ce contrat s’ajoute à une journée déjà symbolique pour le site ligérien, marquée par la mise à flot du MSC World Asia et la cérémonie de la pièce du MSC World Atlantic, deux étapes clefs dans la construction de la série. En ancrant ces jalons industriels à Saint-Nazaire, MSC Croisières confirme son choix de s’appuyer sur le même bassin pour l’ensemble de ses navires de nouvelle génération.
Pour l’industrie navale française, l’enjeu dépasse largement les deux unités annoncées. Un carnet de commandes aussi dense irrigue tout un écosystème : bureaux d’études, métallurgie, équipements électriques, ameublement et services portuaires. Chaque navire mobilise ainsi, pendant plusieurs années, des milliers de compétences réparties sur l’ensemble de la chaîne de valeur, du design initial jusqu’aux essais en mer.
Ce volume de travail arrive enfin dans un contexte de transition du secteur des croisières, sommé de concilier croissance et réduction de son empreinte environnementale. En concentrant ses investissements en France, un pays soumis à des normes strictes et à une forte pression d’innovation, l’armateur envoie un signal de confiance à la filière. De quoi conforter la place de Saint-Nazaire comme vitrine de la construction navale européenne.
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Un signal fort envoyé à toute la filière maritime
Avec ces deux nouveaux paquebots s’ajoutant à une série déjà bien engagée, l’accord de 3,5 milliards d’euros souligne la capacité de la filière française à rester compétitive sur le très haut de gamme. Pour les Chantiers de l’Atlantique, ce partenariat renforcé avec MSC Croisières représente autant d’années de travail sécurisé et confirme que l’industrie navale française reste un acteur central des grandes routes de croisière.