«Profite bien du chômage» : dans le TGV, il entend une RH suggérer un licenciement et avertit le salarié concerné
Un simple trajet en TGV peut parfois réserver des scènes inattendues. Dans le brouhaha des conversations, certains mots résonnent plus fort que d’autres et attirent l’attention. Ce qui aurait pu rester une discussion anodine a pris une tournure singulière, révélant des propos qui n’auraient sans doute jamais dû franchir les murs d’un bureau. L’épisode, relayé massivement, suscite aujourd’hui un vif débat.
Dans le TGV, paroles imprudentes et licenciement évoqué
Entre Marseille et Paris, en août, un appel professionnel dérape. Dans le même wagon, Miloud Lahmar écoute sans chercher. Deux collaborateurs discutent trop fort. Les indices s’enchaînent, noms compris. La scène rappelle une évidence : l’espace public n’efface pas la discrétion. Pourtant il la fragilise lorsque la fatigue et l’habitude s’installent.
Au téléphone, une responsable RH évoque un licenciement pour faute grave au retour des vacances. Une phrase claque, mordante : « Profite bien du chômage, mon Loulou ». Le témoin poste sur TikTok. Le récit circule, s’amplifie, choque. L’intime professionnel se retrouve dans le flux public, sans filtre ni précaution, brutalement.
Repérée par BFM TV, la vidéo publiée le 21 août explose : 2,6 millions de vues samedi. Le jeune homme y résume l’échange, cite les prénoms, et ironise. Le contexte précise une hiérarchie, des mails, une impatience. L’impact dépasse le wagon. L’entreprise devient un sujet de conversation nationale. Quelques heures suffisent.
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Du TikTok viral à la recherche du salarié
Poussé par les messages reçus, Miloud Lahmar cherche le salarié. Le nom apparaît sur un écran voisin ; Facebook permet de recouper. Deux jours plus tard, il identifie un Sylvain en vacances, employé dans une société de communication à Paris. Le premier contact surprend, pourtant la discussion s’installe vite et reste courtoise.
Le salarié dit n’avoir rien su. D’abord amusé, il remercie, puis l’inquiétude arrive. Il annonce un arrêt maladie de longue durée. L’idée d’un licenciement pour faute grave est évoquée dans les mails rapportés. Le choc vient aussi du ton moqueur entendu. Le sentiment d’être ciblé domine, au-delà des procédures évoquées.
Selon le témoin, les courriels mentionnent que « ce n’est plus possible ». La RH « n’appréciait pas forcément » le salarié. Une « belle surprise » l’attendait au retour. Il serait question de prendre « deux, trois jours » pour « trouver la faute » précise avant tout entretien.
Confidentialité, responsabilité et licenciement au regard des règles
La viralité entraîne des réactions fortes. Des dizaines d’internautes accusent, conseillent, interrogent le témoin. Il assume avoir lu un nom sur l’écran voisin, tout en rappelant que la scène se jouait à voix haute. « On l’a tous fait dans le train », dit-il, sans excuser l’imprudence initiale. Le débat s’enflamme, vite.
La SNCF répond avec ironie sous la vidéo : « Passez vos appels téléphoniques depuis les plateformes ». Le rappel sonne juste. Les espaces partagés exigent de la retenue. Car une phrase mal placée expose des personnes, des dossiers, parfois un licenciement annoncé trop tôt, et elle bouscule toute relation de travail.
Rappel utile : les services RH doivent protéger les données personnelles, comme le prévoit l’article 30 du RGPD du 27 avril 2019. Le témoin juge anormal d’avoir accédé à des informations aussi sensibles. Il s’estime mêlé malgré lui et assume sa démarche, au nom du respect dû à chaque salarié. La confiance en dépend.
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Ce que rappelle un appel entendu dans un train
Un trajet banal rappelle une règle simple : parler travail en public n’est jamais neutre. La parole engage, révèle, parfois blesse. Les entreprises ont un devoir de confidentialité, les voyageurs une vigilance minimale, les plateformes un effet loupe. Entre empathie et prudence, l’humanité doit primer, y compris lorsqu’un licenciement s’invite brutalement dans la conversation. La scène reste une leçon de tact, durable et utile.