« Un exemple tragique d’irresponsabilité industrielle » : la CGT dénonce la vente de l’usine Valti en Côte-d’Or
Le dossier relance la question des responsabilités et l’urgence d’un plan social et territorial crédible
À Montbard, la décision de céder le site métallurgique relance la question de la responsabilité des groupes et de la protection de l’emploi. Les représentants du personnel dénoncent une séquence jugée brutale et mal encadrée, tandis que les élus locaux s’inquiètent du devenir des savoir-faire. Dans ce dossier sensible, l’usine Valti concentre les attentes, les inquiétudes et un besoin urgent de clarté.
Histoire et faits marquants autour de l’usine Valti
Fondée en 1968, l’entreprise s’est spécialisée dans les tubes sans soudure destinés notamment à l’automobile et à l’énergie. Longtemps adossée à un grand groupe de l’acier, elle a porté un savoir-faire reconnu au cœur de la Côte-d’Or. Montbard a vécu au rythme des commandes, des modernisations et des réorganisations successives.
En 2022, le site passe sous un nouveau propriétaire industriel, avec l’objectif affiché de rationaliser les opérations. Le contexte concurrentiel, les coûts et la fragilisation du carnet de commandes freinent la relance. Les équipes demeurent mobilisées, mais l’équation économique se tend, mois après mois.
En février 2025, la liquidation judiciaire est prononcée, entraînant la suppression de plus de cent postes. La vente ultérieure à un spécialiste de la valorisation d’actifs suscite la controverse. Pour les salariés, l’usine Valti devient le symbole d’une transition mal accompagnée et lourde d’incertitudes.
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Réactions, responsabilités et demandes de garanties
Le syndicat dénonce une « irresponsabilité industrielle » et réclame des explications sur la stratégie qui a conduit à l’impasse. Il pointe l’absence d’un projet industriel crédible et la faiblesse des garde-fous sociaux. Les représentants demandent des engagements concrets sur l’accompagnement des personnels.
Du côté des collectivités, l’urgence est au reclassement, à la formation et à la réindustrialisation du foncier. Les dispositifs publics sont mobilisés pour cartographier les compétences et accélérer les passerelles vers les secteurs en tension. Les élus insistent sur la nécessité d’éviter la friche et de sécuriser le site.
L’acquéreur met en avant une expertise dans la gestion d’actifs et la valorisation d’équipements. Les syndicats craignent un simple démantèlement sans perspective de reprise productive. Cette divergence nourrit la tension et renforce l’exigence d’un calendrier transparent pour l’usine Valti.
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Contexte industriel, options de reconversion et fenêtre de temps
Le bassin de l’Auxois fait face à des transitions industrielles successives, entre recomposition énergétique et concurrence internationale. Les fermetures récentes ont fragilisé l’écosystème de sous-traitance. Les pouvoirs publics explorent des relais dans la mécanique, l’énergie et la logistique.
Des pistes opérationnelles sont évoquées : requalification accélérée, job dating ciblés, mutualisation de plateaux techniques. L’objectif est de transformer les compétences de laminage, d’usinage et de maintenance en opportunités concrètes à proximité. Le délai d’exécution reste un enjeu vital pour les foyers concernés.
À plus court terme, la priorité consiste à préserver les actifs stratégiques, éviter la dégradation du site et sécuriser l’accès. Sans projet industriel identifié, un scénario de reconversion mixte est discuté. Les acteurs locaux souhaitent un pilotage partagé pour que l’usine Valti reste un levier, pas un passif.
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Ce qui peut encore évoluer pour les salariés et le territoire
La décision judiciaire clôt une étape, mais n’épuise ni les responsabilités ni les solutions. Les salariés attendent des garanties sur le reclassement et la formation, tandis que les élus pressent pour une reconversion rapide et utile. Le dossier demeure un test de crédibilité pour la politique industrielle locale et nationale.