Vous comptez devenir milliardaire ? Voici combien la taxe Zucman vous ferait payer… selon un simulateur
Entre justice fiscale revendiquée et craintes pour l’investissement, l’outil chiffre les effets sans trancher le débat.
Alors que l’Assemblée nationale dissèque le budget 2026, un outil en ligne permet d’estimer l’effet d’un impôt minimal sur les très grandes fortunes. Conçu par l’Observatoire européen de la fiscalité, le simulateur de taxe Zucman chiffre, scénario par scénario, ce que paieraient les patrimoines de plus de 100 millions d’euros. L’enjeu touche recettes publiques, justice fiscale et équilibre politique, avec des hypothèses transparentes et comparables.
Chiffres clés du simulateur de taxe Zucman et cadre 2026
Créé par le chercheur Bluebery Planterose, l’outil part d’un constat claire. Les milliardaires acquittent proportionnellement moins d’impôts que la moyenne des habitants en France. Le différentiel est notable, l’écart approchant un rapport de un à deux selon les paramètres retenus. L’intention affichée est de fournir un repère simple et pédagogique pour le grand public.
Le mécanisme central repose sur une « contribution différentielle » fixant un plancher à 2 % pour les patrimoines dépassant 100 millions d’euros. Sont déduits l’impôt sur le revenu, la CSG et l’IFI ; si le total atteint déjà 2 %, aucun versement additionnel n’est dû. Environ 1 800 foyers sont recensés, le seuil ciblant les ultra-riches.
Selon le simulateur de taxe Zucman, l’option 2 % et 100 M€ afficherait près de 19,8 milliards d’euros de recettes annuelles. L’outil met aussi en regard une « taxe sur les holdings » et un impôt sur la fortune financière. Les curseurs taux et seuil font varier le rendement et la courbe des taux effectifs, en rendant visibles les effets de chaque réglage.
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Débat politique autour du simulateur de taxe Zucman et rendements
Dans le débat public, les projections divergent : certains défendent un potentiel compris entre 15 et 20 milliards d’euros, d’autres n’anticipent qu’environ 5 milliards. Le simulateur de taxe Zucman propose des ordres de grandeur intermédiaires. Il devient un point d’appui pour comparer des scénarios sans trancher politiquement.
Un amendement alternatif porté par des socialistes évoque 3 % dès 10 millions d’euros de patrimoine, en excluant entreprises innovantes et familiales. Le rendement évoqué se situerait entre 5 et 7 milliards, sans rallier Les Républicains ni le Rassemblement national. La majorité et l’extrême-droite jugent l’idée injuste ou inefficace.
Plusieurs critiques ciblent l’inclusion éventuelle des biens professionnels, soupçonnée de freiner l’innovation. Des économistes redoutent un signal défavorable aux investissements. Côté exécutif, l’inquiétude porte sur l’appareil productif et l’écosystème d’innovation. Gabriel Zucman avertit qu’un empilement d’exonérations relancerait l’optimisation fiscale à grande échelle.
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Mécanismes, équité fiscale et prochaines étapes possibles
Les données mises en avant rappellent la composition des revenus des milliardaires. Notamment, dominés par des gains en capital souvent faiblement taxés. À l’inverse, un ménage au revenu médian approche un taux effectif supérieur à 40 %, quand les ultra-riches gravitent près de 25 %. Ce contraste nourrit la demande de correction.
Le dispositif envisagé taxerait l’ensemble des actifs financiers et immobiliers, afin de limiter les stratégies d’évitement qui avaient affaibli l’ancien impôt sur la fortune. Le seuil de 100 millions d’euros est présenté comme un garde-fou pour les dirigeants de PME. À ce stade, le simulateur de taxe Zucman sert surtout de boussole chiffrée.
Une rubrique « Se comparer » permet d’entrer revenu et composition du foyer pour situer son taux face à celui des milliardaires. Les résultats restent pédagogiques et moyens par tranches ; les cas individuels varient selon la situation. La bataille parlementaire continue, dans un contexte où recettes, équité et stabilité économique s’entrecroisent.
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Ce que les prochaines étapes diront du rapport de force fiscal
La suite dépendra des compromis possibles entre un plancher à 2 % au-delà de 100 millions et des variantes plus « light ». Entre justice perçue, compétitivité et recettes, les lignes restent mouvantes. Dans l’intervalle, le simulateur de taxe Zucman offre un cadre commun de discussion et invite chacun à apprécier les effets d’un taux minimal.