Olivier Faure dénonce le “manque de patriotisme” de la 251ᵉ fortune française, un patron qui a rapatrié sa production mais menace de quitter le pays en cas de taxe Zucman
Invité vendredi sur RMC et BFMTV, Olivier Faure critique le dirigeant Philippe Véran, qui menace de vendre Biotech Dental et de quitter la France si la taxe Zucman est adoptée à l’Assemblée nationale l’après-midi. L’entrepreneur, installé à Salon-de-Provence, avance une imposition minimale de 2 % au-delà de 100 millions d’euros et évoque un montant potentiel de 12 millions lié à la valorisation de ses actifs.
Ce que dit Philippe Véran face à la taxe Zucman
Auprès de BFMTV, le cofondateur et président de Biotech Dental affirme qu’en cas d’adoption de la taxe Zucman, « je vendrais et je partirais ». Il rattache sa position au projet d’imposition minimale de 2 % ciblant les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, soumis au vote ce vendredi à l’Assemblée nationale.
L’intéressé estime la valeur de ses biens professionnels à environ 600 millions d’euros. En appliquant le taux évoqué, il calcule une charge d’environ 12 millions. Il précise ne pas disposer de cette somme immédiatement mobilisable, d’où son intention de céder l’entreprise et de s’installer ailleurs si la mesure entrait en vigueur.
Le chef d’entreprise rappelle avoir rapatrié au début de 2025 l’ensemble de sa production des États-Unis vers la France, en pleine tension commerciale. Biotech Dental est implantée à Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, où l’industriel dit avoir trouvé de meilleures perspectives d’industrialisation et de développement pour ses activités.
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Réactions politiques et mécanisme de la taxe Zucman
Olivier Faure parle d’un « manque de patriotisme » lorsque des dirigeants expliquent qu’ils s’expatrieront si on leur demande un effort supplémentaire. Il assure qu’il ne s’agit pas de spolier qui que ce soit, mais d’un appel à la responsabilité collective autour d’un impôt présenté comme plancher et différentiel.
Le premier secrétaire du Parti socialiste précise le mécanisme : si un contribuable paie déjà, l’addition se limite à la différence jusqu’au seuil minimal. Il avance, à titre d’illustration, qu’un versement déjà proche de 10 millions impliquerait environ 2 millions de plus, sans bouleverser l’ensemble de la structure fiscale.
À ses yeux, l’argument « je ne peux pas payer » n’est pas recevable pour les patrimoines concernés. « On ne veut pas le spolier, on veut qu’il s’enrichisse un peu moins vite », dit-il. Le débat autour de la taxe Zucman cristallise ainsi des conceptions opposées du civisme économique et de la contribution des grandes fortunes.
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Contexte, enjeux pour l’investissement et prochaines étapes
En février, dans un entretien, Philippe Véran défendait le choix du rapatriement industriel : produire en France offrirait, selon lui, la meilleure qualité et des perspectives de croissance. Cet argumentaire souligne la complexité du dossier, où patriotisme économique, compétitivité et stabilité réglementaire s’entrecroisent dans les décisions d’investissement.
Le vote attendu l’après-midi à l’Assemblée nationale doit clarifier la trajectoire du dispositif. La majorité et l’opposition évaluent ses effets sur l’attractivité, le financement public et l’équité entre contribuables. Dans ce cadre, la discussion dépasse un cas personnel et renvoie à l’équilibre entre incitations, contribution et maintien de l’activité productive.
Les propos d’Olivier Faure s’inscrivent dans une séquence politique plus large, où des arbitrages budgétaires sont discutés. Il met en parallèle les efforts demandés à d’autres catégories de citoyens. La taxe Zucman devient, pour ses défenseurs comme pour ses critiques, un marqueur des attentes envers les détenteurs des patrimoines les plus élevés.
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Ce débat fiscal ravive la question du civisme économique
Après le vote annoncé, l’exécutif et les groupes parlementaires clarifieront l’application concrète et les contours du dispositif. Les milieux économiques attendent des garanties de lisibilité et de stabilité, tandis que les partisans de la mesure revendiquent un effort ciblé. Dans ce contexte, la taxe Zucman demeure le point d’équilibre contesté entre attractivité, justice contributive et appel au « patriotisme » économique.
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