Entre inflation, incertitude et moral en berne, la CCI de Gironde tire la sonnette d’alarme : “tous les indicateurs sont au rouge”
Un baromètre morose et des chefs d’entreprise prudents face à une conjoncture toujours incertaine en Gironde
Réunie à Bordeaux lundi 27 octobre 2025, la CCI Bordeaux Gironde a présenté son baromètre du troisième trimestre et alerté sur un net refroidissement de l’économie locale. Indices d’activité en recul, trésoreries fragilisées et prudence affichée : le message se veut factuel et ferme. L’expression « tous les indicateurs sont au rouge » résume la tonalité d’ensemble et place l’économie girondine face à un cap délicat pour la fin d’année.
Chiffres clés et cadrage macro de l’économie girondine
Le baromètre T3 2025 fait apparaître trois signaux négatifs : chiffre d’affaires à −8 points, carnets de commandes à −17 points et trésorerie à −2 points. L’indice de confiance dans la pérennité tombe à 59 %, au plus bas depuis 2019, confirmant un climat d’affaires dégradé. Économie girondine rime ici avec vigilance accrue.
Le tableau judiciaire confirme la tension : 1 641 ouvertures de procédures collectives enregistrées sur les neuf premiers mois de 2025 en Gironde, soit +4 % sur un an, avec 60 % de liquidations. Les secteurs du commerce, du bâtiment et des cafés-hôtels-restaurants figurent parmi les plus exposés, selon les constats convergents de la CCI et des tribunaux.
« Tous les indicateurs sont au rouge au 3ᵉ trimestre », a résumé Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux Gironde, en marge de la présentation. La formule, courte, traduit un ressenti partagé par de nombreux dirigeants rencontrés dans le département ces dernières semaines. Elle ancre le diagnostic dans le réel, au plus près du terrain.
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Causes et mécanismes qui pèsent sur l’économie girondine
La dégradation s’explique par un faisceau de facteurs : incertitudes politiques, tensions internationales, variations de droits de douane et investissement au point mort. Le ralentissement de la demande pèse sur les marges, quand l’inflation résiduelle continue d’éroder la visibilité. Ce faisceau pèse mécaniquement sur l’économie girondine.
Les chefs d’entreprise expriment un moral en repli après un sursaut estival. À l’échelle nationale, la mesure mensuelle de la CCI indique même une rechute récente de l’optimisme, traduisant la difficulté à se projeter à douze mois. Localement, le baromètre souligne des projets d’investissement à des niveaux bas pour le prochain trimestre.
Au sein du département, les pressions varient selon les bassins : l’industrie reste en retrait, la construction subit la faiblesse des mises en chantier, le commerce souffre d’une fréquentation insuffisante. Cette hétérogénéité n’atténue pas le constat global : l’économie girondine évolue dans un cycle de prudence où la trésorerie demeure le nerf de la guerre.
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Impacts concrets, appuis annoncés et horizons de vigilance
Conséquence immédiate : les TPE-PME différèrent leurs projets, protègent le cash et se recentrent sur l’essentiel. Pour amortir le choc, la CCI renforce ses dispositifs d’appui, mobilise des partenaires et programme plusieurs rendez-vous en novembre (Commerce Innov’, SINE au Palais de la Bourse) afin d’animer le tissu économique. Économie girondine rime aussi avec accompagnement.
La chambre consulaire alerte toutefois sur les coupes prévues dans le PLF 2026, susceptibles d’amoindrir ses capacités d’intervention auprès des entreprises. Cette contrainte budgétaire s’ajoute à la hausse des défaillances, ce qui plaide pour un renforcement des diagnostics précoces de viabilité et des solutions d’appui à la trésorerie.
À court terme, la vigilance porte sur les carnets pour l’hiver, l’accès au financement et l’emploi saisonnier. Les dirigeants sont invités à consolider leur suivi de marge, à ajuster leurs stocks et à sécuriser leurs encaissements. Dans ce contexte, la coordination locale public-privé reste un levier clé pour stabiliser l’économie girondine.
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Ce qui pourrait suivre dans les prochaines semaines en Gironde
Les prochains indicateurs diront si la dégradation se prolonge ou se stabilise. En attendant, la CCI multiplie les points de contact pour orienter, conseiller et outiller les dirigeants. Les entreprises qui anticipent leurs besoins de trésorerie et de commandes traverseront mieux ce passage à vide de l’économie girondine.