« C’est une annonce majeure » : la Chine abandonne son statut de pays en développement

« C’est une annonce majeure » : la Chine abandonne son statut de pays en développement
© Chine

Un signal fort traverse le commerce mondial. La décision de renoncer au « traitement spécial et différencié » à l’OMC place la Chine face à un choix stratégique. Le message, relayé par les autorités, répond à une attente ancienne des partenaires occidentaux, tout en ouvrant une séquence de réforme où se jouent influence, équité et avenir des règles, dans un contexte concurrentiel tendu.

Pourquoi la Chine lâche son statut privilégié ?

Li Qiang a fait cette déclaration en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Selon l’agence Xinhua, le pays agit en « grand pays en développement responsable ». La décision concerne le « traitement spécial et différencié » de l’OMC, qui offre des délais étendus et des flexibilités notables aux économies émergentes.

Cette évolution répond à une demande de longue date des États-Unis et de l’Union européenne. La directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, salue « une annonce majeure » et félicite Pékin. Le geste intervient alors que les membres révisent les règles et débattent de l’équité du cadre multilatéral, en profondeur.

À l’OMC, chaque pays se déclare lui-même « en développement ». Le Brésil avait, dès 2019, indiqué qu’il commencerait à renoncer à ces facilités sous la pression américaine. En signalant une évolution du cadre, la Chine se positionne pour peser plus dans les négociations et moderniser relation avec ses partenaires clés.

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Conséquences concrètes, et portée limitée pour la Chine

Le « traitement spécial et différencié » assouplit les règles. Il autorise des droits de douane plus élevés, accorde des délais d’application plus longs et tolère davantage de subventions. Ce régime ouvre aussi des accès préférentiels, afin d’accompagner la montée en gamme des économies moins avancées au sein de l’OMC.

Pour l’économiste Antoine Comont, l’impact réel reste faible. Le pays ne renonce « pas à grand-chose », car l’Union européenne, le Canada, les États-Unis et d’autres partenaires avaient retiré les préférences tarifaires. Les avantages résiduels, notamment sur certaines subventions, s’étaient réduits au fil des ans et pesaient à la marge.

Washington contestait le bénéfice de ce régime pour la deuxième économie mondiale. En 2019, Donald Trump affirmait qu’un tel statut ne devait pas durer. Pékin renonce aux avantages sans abandonner le titre de « pays en développement ». Ce choix engage la Chine dans une phase de clarification commerciale plus nette.

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Image, diplomatie commerciale et zones d’ombre persistantes

Pour Alicia Garcia Herrero, cheffe économiste Asie-Pacifique chez Natixis, le calcul est clair. Pékin veut redevenir un pilier d’une institution que Washington a façonnée puis délaissée. Cette stratégie nourrit une image de « bon élève » du commerce multilatéral, alors que les États-Unis renforcent, un cap jugé protectionniste depuis peu.

Le gouvernement cherche aussi à parler au « Sud global ». En renonçant aux accommodements, il affiche humilité et volonté de coopération. Ce récit s’accompagne néanmoins de pratiques contestées : restrictions sur les exportations de terres rares, ainsi que soutien à filières industrielles, deux points scrutés par les partenaires et l’OMC.

Sur le plan économique, l’effet demeure modeste. Les préférences clés étaient déjà retirées par de nombreux marchés développés. Le mouvement agit donc comme levier politique. Il peut accélérer des compromis clés et replacer la Chine au centre des arbitrages sur subventions, concurrence, et règlement des différends au sein de l’OMC.

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Ce tournant pèse sur la réforme et l’équilibre futurs

La décision paraît surtout symbolique, mais elle redessine des lignes utiles. Elle répond aux critiques occidentales, tout en offrant à Pékin un rôle accru dans une OMC en quête de règles plus efficaces. Le test se jouera sur la mise en œuvre et sur les contentieux. En attendant, la Chine gagne un crédit politique précieux, sans coût majeur immédiat pour son économie.

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Axis

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